Critique : Inherent Vice

Critique (17/20) : Quelle a été ma surprise lorsque j’ai découvert que le réalisateur de Inherent Vice est le grand Paul Thomas Anderson déjà connu pour ses films « Magnolia » (1999) et « There will be blood » (2007). La perspective de voir son nouveau film était aussi affriolante que la vue du camion d’un marchand de glace passant devant un enfant. Amoureux de l’époque hippie et des Etats-Unis des années 1960 vous allez être servis sur un plateau d’argent.

Commençons par le début. Inherent Vice est tiré du livre de Thomas Pynchon. Nous sommes en présence d’un détective privé qui enquête au profit de son ex-compagne Shasta. Celle-ci lui explique qu’elle est tombée amoureuse d’un millionnaire magnat de l’immobilier : Mickey Wolfmann qui a disparu. Le film, très fidèle au livre, tourne autour de l’enquête que va mener Doc Sportello incarné par Joaquin Phoenix (connu pour son rôle dans Gladiator). En sois, l’intrigue est très simple, mais ce qui fait l’originalité de ce film c’est l’univers qui entoure cette investigation.

Nous sommes plongés dans les années 60 en Californie et plus précisément à Los Angeles. Je n’oublierai pas de souligner que cette époque est l’apogée du mouvement hippie ! C’est donc un contexte assez particulier. Il n’y a pas la technologie actuelle dont se sert notre société, les coutumes sont sensiblement différentes et les croyances ne sont pas les mêmes. Le monde qui entoure le personnage principal est extrêmement bien construit. Anderson a eu le sens du détail. Tout y est. Les meubles, les téléphones, les miroirs, les murs en moquette, les tableaux de personnes dénudées dans un univers psychédélique et même les rideaux en guirlandes. On pourrait presque penser à Pulp Fiction en voyant les décors.
Le temps est ralenti autant que les gens le sont. On se laisse porter. Une jeune femme raconte l’histoire de Doc Sportello et de son enquête entre chaque discutions. Tout comme le ferait un narrateur omniprésent dans un livre. Je conseillerai d’ailleurs de regarder le film en version originale sous-titrée pour les plus puristes afin de capter l’authenticité des voix qui vont avec le caractère de chaque personnage.
Nous avons des couleurs chatoyantes, chaudes (rouge, orange, rose) et des couleurs pastelles (les vêtements par exemple). Bien que l’ambiance soit sombre à cause de la disparition de Wolfmann, on ne ressent pas de tension particulière grâce à la musique qui accompagne les actions. La musique est assez jazz et passe en fond. Nous devons la bande son à Jonny Green, compositeur et deuxième membre majeur du groupe Radio Head.
Parlons maintenant du personnage principal et mettez vos aprioris de côté, vous allez être étonnés. Doc Sportello est l’originalité incarnée. Généralement, nous imaginons un détective privé bien habillé avec costume et cravate. Doc est tout le contraire. Il est la parfaite incarnation du hippie. Il porte des scandales et un jean large. Il est peu conventionnel. Il fait ses investigations en posant des questions sans avoir de but, il note seulement des mots dans un carnet. Mots que l’on voit en gros plan afin de bien nous faire comprendre l’état d’esprit de l’époque : « paranoïa », « hallucination », etc. D’où les fréquentes discutions à voix basse.
Tout est déjanté et le mot est faible. Doc faisant passer un interrogatoire à un transexuel en ayant des bigoudis dans les cheveux ou encore en se droguant à l’éther (gaz utilisé pour endormir les patients dans les hopitaux) tandis que la sœur de Wolfmann vient lui parler.
Ne cherchez pas de logique vous n’en trouverez pas. On peut parler à juste titre de la scène où Doc se fait assommer et se retrouve allongé dans le désert à côté d’un cadavre et face à 5 voitures de police. Ou même lorsqu’il marche au ralenti dans une maison qu’il fouille à la recherche d’indices puis son envie soudaine de se jeter sur le capot de la voiture  du commandant de police avec lequel il travaille en sortant de la maison. Sans oublier le commandant lui sautant dessus à pieds joints alors que Doc se roule par terre.

Tout n’a ni queue ni tête et on passe d’une situation plus improbable à un autre. Doc Sportello est un personnage atypique en tous points pour mon plus grand plaisir. C’est un peu le « Jésus et ses 12 apôtres » qui veut aider à sa façon. On le voit bien sur l’image positionnée au centre de cet article. Ce film est définitivement une bonne surprise cinématographique qui fait honneur au livre de Pynchon.

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